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Jusqu'au siècle passé, les habitants de Thiaumont avaient peur de se rendre à Nobressart la nuit venue. Lorsqu'ils arrivaient à la limite de leur village, il leur semblait voir au loin, sur les hauteurs de Nobressart, des formes suspectes portant des flambeaux. A l'embranchement des chemins vers Heinstert et Louchert se trouve une chapelle où les habitants de Nobressart avaient l'habitude de brûler, chaque jour, des cierges à Notre-Dame des Sept Douleurs. C'étaient les lueurs flamboyantes de ces bougies que les Thiaumontois prenaient pour des sorcières. Il est utile de préciser qu'en Europe, c'est au seizième et au dix-septième siècles que la sorcellerie est au sommet de l'obsession. C'est de cette époque que nous reviennent toutes les légendes qui ont pour thème la sorcellerie et les sorciers. Les calvaires et les chapelles dédiées à la Vierge ou à l'un ou l'autre Saint et que l'on trouve encore aujourd'hui aux embranchements et carrefours des routes, dans nos campagnes et principalement aux entrées des localités, sont les témoins durables de cette époque. C'est en effet à la croisée des chemins, par dérision (par moquerie) pour la Croix du Christ, que se réunissaient les servants du démon. En y érigeant tantôt un calvaire, tantôt une chapelle, nos ancêtres comptaient sur l'effet dissuasif que ces monuments créaient sur les esprits malins en les écartant, du même coup, loin des lieux et des villages.
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On raconte à propos de cette maison de Nobressart que le grenier et les caves étaient peuplées de fées et d'autres esprits malveillants. C'est au grenier que la menace était la plus terrible car il abritait une sorcière plusieurs fois centenaire qui tuait sans pitié. Il paraît que c'est dans l'enchevêtrement des poutres de la charpente, que, tel un oiseau de proie, la terrible sorcière se reposait. Gare à celui ou celle qui troublait son repos... On raconte aussi que les caves de cette maison auraient, quant à elles, été le théâtre d'une immolation par le feu de la dernière sorcière de Hachy et qu'il s'agissait plus précisément du sorcier "Kaap".
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Par un soir pluvieux, solitaire, sans argent, sans abri et loin de son village natal, un brave homme de Hachy nommé "Hetch", errait, passablement découragé, dans les rues de Luxembourg. Soudain, il rencontra Kaap, un concitoyen connu partout et qui habite la même rue que lui. Kaap était natif de Sampont et était venu s'installer à Hachy quelques années après. Hetch raconta sa peine à Kaap. Ce dernier compatit avec le pauvre homme et poursuivit : "Sais-tu Hetch ? Jure-moi de ne rien raconter à personne, tout au long de ta vie, de ce que je vais faire. Et bien, à cet instant, ta femme s'assied sous votre vache noire afin de la traire. Avant qu'elle ne se relève de son tabouret, nous serons à la maison !" Sur ce, Kaap murmura quelque chose qui fut incompréhensible à Hetch puis poussa un petit cri. A l'instant même, un grand bouc noir au regard mauvais se trouva devant eux ; les deux compères l'enfourchèrent tel un cheval. Sur un second petit cri de Kaap, le bouc chargé de ses deux cavaliers s'éleva les emmenant à la vitesse de l'ouragan à travers les airs. A Koerich ( petit village du Grand-Duché du Luxembourg situé près de Steinfort et se trouvant sur une ligne droite reliant Luxembourg à Hachy), l'animal heurta d'une de ses cornes la croix sur le clocher de l'église, qui en est restée inclinée depuis, et commença à descendre dangereusement. "Crédiable" hurla Kaap ( frappant d'un coup sec, de ses talons, les flancs de la bête), et de suite le bouc reprit de l'altitude. L'équipage fut à peine arrivé à Hachy que Hetch vit sa femme sortir de l'étable avec le seau à lait. Il remercia Kaap pour le service qu'il lui avait rendu, lui souhaita bonne nuit puis rentra à la maison. Depuis cette chevauchée diabolique, le pauvre Hetch ne connut plus la tranquillité. Chaque fois qu'il y pensait, il était, sans savoir pourquoi, pris d'angoisse et de peur. Finalement, n'en pouvant plus, il décida d'aller raconter son aventure au curé. Celui-ci ( qui n'était pas homme à faire des drames avec rien ), lui dit les propos suivants : " Dimanche prochain, quand les gens viendront à la grand-messe, tiens-toi devant le grand tilleul près de l'église. En t'adressant à lui à voix très haute tu diras : " Tilleul, je te le dis à toi mais pas aux autres gens ! Mon voisin Kaap est un sorcier!" Et puis, tu lui raconteras en détail ce que Kaap a fait." Hetch fit ce que le curé lui conseilla. Ainsi démasqué, les villageois se saisirent du sorcier, lui lièrent les jambes et le conduisirent au lieu dit "Polknapp" pour l'y brûler sur un bûcher de fagots. Alors que les flammes léchaient déjà les pieds du sorcier, Kaap sortit de sa poche un petit livre et y lut quelques mots. Aussitôt ses liens se délièrent et tombèrent à ses pieds. Profitant de l'ébahissement de ses citoyens, il prit la fuite. Quelque temps après cependant, il fut recapturé, mais cette fois on lui enleva son livre et il ne put échapper au supplice du feu. Le sorcier avait un frère. Celui-ci fit changer son nom contre celui de Michel.
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A Elcheroth (ancien nom de Nobressart), habitait un homme qui était un maître-sorcier et pouvait ensorceler les vaches dans les étables sans qu'on le remarque. Les gens, qui savaient cela, ne laissaient jamais pénétrer l'homme dans leurs étables ; car sitôt que le maître-sorcier entrait dans une étable, les vaches qui s'y trouvaient, ne donnaient plus de lait. Si l'homme réussissait à pénétrer dans une étable, il entraînait la vache par ensorcellement vers la chapelle qui se trouve entre Elcheroth et Heinstert et la trayait là, invisible de tous. Il arriva ainsi que cet homme, qui avait seulement une vache, portait toujours plus de beurre au marché à Arlon que n'importe qui de tout Elcheroth.
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